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Gaz de schiste : les Algériens se mobilisent contre le régime et l’ingérence des multinationales pétrolières

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Les mobilisations sociales enflent en Algérie, contre l’exploitation future des gaz de schiste, autorisée par le gouvernement.

Ces forages, à proximité des villes et des oasis sahariens, menacent les précieuses ressources en eau. Total, l’État français, et d’autres multinationales, sont accusés d’ingérence, cinquante ans après les essais nucléaires menés par l’ancienne puissance coloniale dans le Sahara algérien. Basta ! et l’Observatoire des multinationales publient aujourd’hui un rapport sur les enjeux de cette mobilisation écologique et le rôle de la multinationale française.

Le groupe français Total, d’autres multinationales pétrolières ainsi que le gouvernement algérien, sont dans la ligne de mire d’une contestation écologique et démocratique inédite en Algérie. Depuis le 31 décembre 2014, un mouvement citoyen opposé à l’exploitation des gaz de schiste secoue le pay. Parti d’In Salah, une ville de 50 000 habitants au cœur du Sahara, proche des sites de forage, le mouvement accuse la multinationale pétrolière française de recourir à l’utilisation de la fracturation hydraulique sur leur territoire, alors même que cette technique fait l’objet d’une interdiction en France depuis 2011. Et dénonce l’inconséquence de l’entreprise publique Sonatrach et du gouvernement algérien qui font peser sur la région de graves risques de pollutions. Malgré la répression, le mouvement se poursuit. Pour en éclairer les ressorts et l’importance, et interroger le rôle de Total ainsi que des États algériens et français, Basta ! et l’Observatoire des multinationales rendent public ce 6 mars un rapport sur Total et les gaz de schiste en Algérie.

Tout part de la visite des ministres algériens de l’Énergie et de l’Environnement le 27 décembre 2014, dans le bassin d’Ahnet, dans l’immensité du Sud algérien, à 1200 km au Sud d’Alger. Ils viennent saluer le « succès » du premier forage pilote de gaz de schiste conduit par la Sonatrach, la compagnie nationale, devant un parterre de journalistes]. L’exploitation des gaz de schiste est rendue possible en Algérie par une nouvelle loi sur les hydrocarbures promulguée en 2013. La population d’In Salah se découvre voisine du « premier » site de forage, et prend connaissance du projet d’exploration par voie de presse. Très rapidement, la présence sur le forage de firmes étrangères – notamment Halliburton, Schlumberger et Total – est évoquée sur les réseaux sociaux.

Pour lire la suite: http://www.bastamag.net/GAz-de-schiste-les-Algeriens-se-mobilisent-contre-le-regime-et-l-ingerence-des

Voir une vidéo:  https://www.youtube.com/watch?v=6F4485gVhaM


 

Election de Boutflika. Et maintenant ?

Idées

L’élection présidentielle a eu lieu en Algérie. Bouteflika, gravement malade, impotent, ne pouvant s’exprimer ou même tenir debout est reconduit pour un quatrième mandat. Avec une majorité de voix parmi celles des 20% de votants que son staff de campagne a pu mobiliser pour la circonstance. Les autres Algériens, 80 % des citoyens en âge de voter, se sont détournés de ce vote. Les partisans du boycott, les militants des partis d’opposition, la masse des abstentionnistes et la grande partie de la jeunesse du pays refusent la reconduction de Bouteflika à la Présidence de la République. Et la participation à l’élection de personnalités comme Benflis n’y a rien fait. D’ailleurs beaucoup de citoyens n’y ont vu qu’un acte de complaisance pour tenter de crédibiliser un scrutin ne présentant aucune réelle alternative.

 

Islam, laïcité, droits des femmes

Idées

En Tunisie, l’assemblée constituante (à dominante islamiste) vient de consacrer l’abandon à la référence à la charia (loi islamique), de mentionner expressément que la Tunisie est un « Etat civil » garantissant la liberté de conscience et de libre exercice des cultes et aussi et surtout l’égalité des citoyennes et des citoyens devant la loi ainsi que la parité obligatoire pour les listes de candidats aux élections. Ainsi, la Tunisie, à la veille de l’anniversaire du renversement du dictateur Ben Ali (14 janvier 2011) vient de renouer avec l’espoir démocratique et de respect des droits de l’Homme dans les pays musulmans et rappeler qu’il n’y a pas de fatalité islamiste et que le combat contre les interprétations rétrogrades du coran peut aboutir.

D’autant plus que les arguments tant idéologiques que politiques existent, ont toujours existé. A ce titre les déclarations faites par l’universitaire yéménite, exerçant et vivant en Suisse, Elham Maneh, sont particulièrement instructives à ce sujet. Elles peuvent contribuer à éclairer les débats sur l’islam, la laïcité, le droit des femmes, etc.

Ces déclarations ont été faites dans une interview réalisée par le journaliste algérien Hamid Zinaz publiée en avril 2013 par le journal libanais An-Nahar, dont Courrier International (N°1199 du 24 octobre 2013) a repris quelques extraits. En voici quelques uns.

Concernant le port du hidjab (voile) Elham Maneh rappelle : « Le hidjab reflète une transformation sociale insinuée dans les esprits par une idéologie politico-religieuse désignant la femme comme source de vice dont il faut protéger l'homme et la rendant responsable de la séduction qu'elle exerce sur ce pauvre être faible. C'est pourquoi elle doit se couvrir les cheveux et le corps, voire, dans l'idéal, porter un niqab avec une seule ouverture pour l'oeil gauche afin qu'elle n'attire pas par son regard ! C'est une idéologie qui considère l'homme comme un animal enragé, avide de chair féminine et incapable de maîtriser ses pulsions. Je n'ai jamais compris en quoi la femme était libre de son choix quand le discours qu'on lui tient dit en substance : "Si tu ne portes pas le voile, tu iras en enfer. A toi de choisir !" »

 
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